Le Villaret, bistrot de saison
Après avoir découvert la cuisine de brasserie spontanée et gourmande d'Olivier Gaslain à L'Essentiel, difficile de ne pas avoir envie de pousser la porte du Villaret, adresse déjà presque mythique de la bistrosphère parisienne ? Une enseigne qui se niche tout en discrétion dans la non moins discrète et charmante rue Ternaux, qui accueille également depuis quelques semaines la très intéressante pâtisserie Chambelland. Derrière une façade élégante et sobre, l'accueil se veut chaleureux dans un décor rustique qui s'y prête bien, quoique modernisé depuis peu avec un nouveau mobilier qui confère à la fois chic et fraicheur au décor. Un bistrot classique bien dans son époque. Mais est-il bien dans son assiette ?
| Le Villaret, 13 rue Ternaux, Paris 11e |
En mise en bouche, un crémeux d'avocat au citron. On retiendra surtout le citron... Déséquilibre manifeste pour une bouchée somme toute très (trop ?) vivifiante.
| Amuse-bouche |
En entrée, des raviolis farcis d'agneau et de coriandre, nageant dans un bouillon de champignon des bois et peu mis en valeur par le choix d'une assiette transparente, un peu datée. Si techniquement et gustativement, aucune erreur n'est à signaler, on regrettera toutefois l'absence de gourmandise pour cette belle mais un peu trop sage entrée à mon goût. 15€.
| Les raviolis d'agneau à la coriandre, consommé de champignons des bois |
L'honnêteté me doit de dire que ma quête de gourmandise aurait été plus que satisfaite si j'avais eu la perspicacité de choisir, à l'instar de mon convive, cette magnifique poêlée de cèpes, avec échalote et marrons. Un plat en plein dans la saison, d'une évidence émouvante... 18€.
![]() |
| La poêlée de cèpes français à l'échalote, éclaté de marrons |
En plat, l'association classique du veau et des girolles, toujours 100% saison, avec une pièce de veau, dont le serveur n'a pas été capable de nous préciser le morceau, parfaitement cuite et des petites girolles bien fermes comme il faut. Mon commentaire se concluerait ici sur un éloge bien mérité si la sauce au thym terriblement amer ne venait déséquilibrer tout le plat pour laisser un goût peu flatteur au palais. Quel dommage... 26€.
| La pièce de veau aux girolles, jus au thym |
Mon convive avait décidément vu plus juste dans ses choix, avec ce beau carré d'agneau bien rosé, ses légumes de saison cuits comme il faut et son jus bien gourmand. 28€.
| Le carré d'agneau de Lozère en croute d'herbes, légumes de saison |
Puisque l'on est si bien dans ce confortable Villaret avec son service chaleureux ou flegmatique selon les personnalités, mais toujours authentique, prolongeons le plaisir au delà du raisonnable avec ce très beau plateau de fromages. De splendides pâtes au lait cru bien affinées... 10€.
![]() |
| Plateau de fromages |
Après des plats clairement installés dans une cuisine bistrotière plutôt classiques, de surcroit sur une carte où les incursions exotiques ou sucrées-salées restent marginales, le dessert se veut plus créatif avec un baba revisité, toujours rhumé, mais déposé sur un lit de Rhubarbe et surmonté d'une crème de fraises. La brioche bien moelleuse arbitre le match entre la douceur de la fraise et l'acidité de la Rhubarbe pour un déssert plein de joie et de gourmandise. 10€.
| Le baba parfumé au rhum, rhubarbe - fraise |
Pour mon convive, un choix plus classique avec cette poêlée de mirabelles et sa glace à la vanille de Thaiti. 10€.
| La poêlée de mirabelles flambées, glace à la vanille de Tahiti |
Pour escorter ce repas en fraicheur et en rondeur, ce surprenant Bourgogne générique qui présente une belle matière en bouche et une typicité étonnante. Une très jolie découverte ! 40€.
| Bourgogne Pinot Fin 2010 du domaine Arnoux-Lachaux |
Au final, le Villaret délivre une cuisine de saison sincère et bien maîtrisée avec juste ce qu'il faut de modernité dans les assiettes comme dans le décor, pour ne pas être ringard. Ce n'est pas non plus un bistrot à la mode. Juste un bistrot d'aujourd'hui.
Le Villaret
13 rue Ternaux
75011 Paris


Commentaires
Enregistrer un commentaire