Kuzina, by Xiradakis
Kuzina, ou cuisine en grec, en référence aux origines du propriétaire des lieux, Jean-Pierre Xiradakis, pour ce petit restaurant aux accents marins et ensoleillés de la rue Porte de la Monnaie dans laquelle le patron possède déja 5 autres enseignes : l'emblématique Tupina, Commestibles, une extension avec vente de produits du terroir, Café Tupina, donnant sur les quais, le bar-cave de la monnaie, bistrot léger bien dans son époque et la maison Fredon, chambre d'hôte.
Sans être proposer une réelle cuisine grecque, Jean-Pierre Xiradakis fait référence au pays natal de son grand-père avec des éléments de déco (photos, objets...) qui prennent place dans un espace contemporain à mi-chemin entre le bistrot avec ses petites tables rapprochées et sa table haute façon comptoir, et la poissonnerie avec le sol écaillé et l'étal de poissons devant la cuisine ouverte. Et côté cuisine, s'inspirant du régime crétois, les poissons et les légumes sont mis à l'honneur.
| Kuzina, la salle |
Au déjeuner, en plus de la carte (comptez autour de 30€ pour entrée, plat, dessert), trois choix de menu : le menu végétarien à 15€, le menu du jour à 18€ et le menu Kuzina à 27€ auquel j'ai succombé, alléché par l'originalité des propositions. En entrée, les traditionnels chichis sucrés sont détournés en version salée, la pâte frite étant en réalité de la chair de morue. De beaux et généreux chichis que l'on trempe avec gourmandise dans la très bonne sauce au fromage blanc et herbes et rafraîchis par de belles feuilles d'endive pas amères. Une entrée régressive. Le but est atteint.
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| Chichis de morue |
De l'esturgeon, on connait surtout les oeufs qui produisent le caviar mais c'est la première fois qu'il m'était donnée l'occasion d'en dégusté un pavé. A ma grande surprise, j'ai découvert avec plaisir un poisson à la chair ferme et au gout très marqué. Un très beau poisson que malheureusement trop peu de chefs travaillent. Pour équilibrer la puissance et le gras de l'esturgeon, j'ai choisi en accompagnement de simples légumes vapeurs, qui apportaient tout leur goût et leur fraicheur virginale.
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| Pavé d'esturgeon poêlé |
En dessert, un croustillant de fêta constitué d'une feuille de brique garnie dudit fromage et disposé sur un lit de fraises et de jus fraise-basilic. Le feuilleté est bien réalisé et gourmand, les fraises sont bonnes et le jus apporte acidité et fraicheur. Malgré cela, l'accord entre le croustillant et le jus est déséquilibré et j'aurai davantage imaginé ce plat en version salée, par exemple en entrée...
| Croustillant de fêta sur lit de poires |
Du côté liquide, une carte des vins aux prix imbattables voire mêmes incroyables. Ceci expliquant sûrement cela, seuls des vins de l'appellation Graves sont proposés, résultant d'un proposable accord avec un syndicat de producteurs ou organisme de ce type. Pour le plaisir de notre palais et surtout de notre portefeuille avec par exemple un joli Graves blanc du Clos Lamothe 2013 fruité et minéral à 7,50€ la bouteille. Il n'y a pas de faute de frappe.
Au final, par sa cuisine simple et décomplexée, Kuzina décroche la palme du resto le plus enthousiasmant de mon escapade bordelaise automnale. Sacré "Xira" !
Kuzina
22 rue Porte de la Monnaie
33000 Bordeaux


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