Meert, le resto ne se gaufre pas

De Meert, les gourmets parisiens connaissent essentiellement les fameuses gaufres plates fourrées au sucre et à la vanille de Madagascar, sommet de gourmandise hexagonale s'il en est. Mais en tant que touriste dans la capitale des Flandres, on comprend que Meert est bien plus que cela, une véritable institution qui propose une belle offre de pâtisserie de boutique, un salon de thé et, depuis 2008 seulement, un restaurant. La bourgeoisie et les notables locaux en ont rapidement fait leur cantine, et ce n'est pas un hasard si c'est ici et pas ailleurs que Martine Aubry déjeuna avec François Hollande en novembre 2014.  

La salle ne manque pas de charme à travers deux espaces contigus mais bien différenciés, une partie brasserie cossue avec tables alignées et banquette en velours et un jardin d'hiver plus intimiste, avec ses tables séparées et ses chaises en rotin. Un espace qui perd toutefois nettement de son charme quand la pluie tombe sur la véranda, comme en ce vendredi de début avril.

En cuisine, on trouve le jeune Maxime Schelstraete, chef du restaurant depuis 2011 et le départ de Nicolas Pourcheresse - aujourd'hui auréolé d'une étoile Michelin à La Table de l'hôtel Clarance, qui propose à la carte des compositions nobles et contemporaines, ainsi que des classiques de brasserie comme la pièce de boeuf, la blanquette de veau ou la César Salade, anoblie avec du homard.

Un amuse-bouche ouvre le repas, ou plutôt un plat miniature avec ce lieu accompagné d'un bouillon épicé. Le poisson est bien cuit, le bouillon a du caractère et l'ensemble nous met en éveil. A-propos !

Amuse-bouche
Place désormais au quasi de veau accompagné de chou acide, de topinambours rôtis, de morilles et d'une réduction de morilles. Le veau est cuit rosé à coeur, les légumes sont savoureux et les morilles travaillées avec pertinence pour un ensemble équilibré, sapide et gourmand. Un beau plat de transition saisonnière ! 28€.

Quasi de veau, chou acide, morilles

Pendant ce temps, ma convive se régalait de la salade César au homard (en complément du poulet rôti !), généreusement servie et bien assaisonnée avec sa sauce aillée. 26€.

Salade Cesar au homard

Pour terminer en douceur, une sélection de pâtisseries de la maison élaborées par le chef Michaël Duyck nous est proposé sur un plateau. Ce sera un éclair praliné pour moi. S'il n'y a rien à redire sur la pâte à choux, d'une bonne tenue, la crème pralinée n'est pas au niveau et le sucre de la pâte d'amande qui habille l'éclair a tendance a tout emporter. Ma convive avait fait un choix moins ambitieux mais plus pertinent avec un biscuit à base de pâte d'amandes surmontée de framboises et agrémenté de chantilly. Simple mais efficace. 8,50€ pièce.

Eclair au praliné

In fine, le restaurant de Meert vient équilibrer l'image de la maison. D'un côté l'immuable, l'intemporel, la référence, avec la célèbre gaufre dont la recette et la réalisation artisanale n'ont pas changé depuis plus d'un siècle et demi. De l'autre le restaurant qui n'a même pas 10 ans et un jeune chef qui délivre une cuisine de tradition bourgeoise - il ne pouvait pas en être autrement - mais travaillée avec créativité, voire exotisme. Chez Meert, la tradition a de l'avenir !


Meert
27 rue Esquermoise, 59000 Lille
Métro Rihour (l.1)
03 20 57 93 93

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