Il Carpaccio, l'étoile italienne du Royal Monceau

Avec Penati al Baretto, Il Carpaccio est l'un des deux restaurants italiens de Paris auréolés d'une étoile au Michelin. A quoi doit-on s'attendre ? Simplement à un cadre luxueux accompagné d'un service au cordeau ou à une cuisine vraiment pointue, créative ou innovante ? Pour ce qui est du cadre, on est servi ! Installé au coeur du Royal Monceau, palace parisien de l'avenue Hoche, re-designé par Philippe Stark, la salle est élégante, chic et très lumineuse avec sa baie vitrée donnant sur le patio de l'hôtel. La touche italienne ? La décoration baroque du couloir d'entrée ainsi que des lustres du restaurant, ornés de coquillages. Tout le monde n'apprécie pas. Pour ma part, je trouve le compromis luxe/originalité/identité juste et bienvenu dans cet hôtel de prestige. 

Pour ce qui est de l'assiette désormais, la réponse va se décliner en autant de séquences que le repas en compta, soit un amuse-bouche, une pasta, une viande et un dessert. Pour nous mettre en appétit, le chef Roberto Rispoli, qui dirige les cuisines sous la responsabilité du chef exécutif du palace Laurent André, propose une pana cotta de parmesan aux morilles. Léger, savoureux et gourmand. Le ton est donné !

Pana cotta de parmesan aux morilles

En premier plat, des gnocchis d'épinards accompagnés d'asperges blanches et de morilles, confortablement installés sur un jus de scarole. De petits coussinets moelleux et tendres bien gourmands, que vient rafraichir un très beau jus. Dommage que les asperges se soient faites si discrètes... 38€. 

Gnocchi d’épinards et asperges blanches Morilles, jus de scarole et croûtons fumés

De leurs côtés, mes compagnons de table se régalèrent avec des farfalles à l'encre de seiche (42€) et des spaghettis artisanaux de Gragnano (37€).

Farfalle à l’encre de seiche, faites maison Langoustines, seiches et bigorneaux, poutargue et citron confit

Spaghetti artisanaux de Gragnano aux crustacés et fruits de mer, condiment aux anchois

Pour le second plat, le serveur arrive avec une grande calzonne toute chaude qu'il découpe devant nous et dans laquelle, au milieu du foin, se nichent trois belles pièces de noix de veau. Chacune d'elle est tranchée en deux, puis déposé sur une assiette déjà garnie des fleurs de courgette farcies. Un large trait de jus de veau pour finir le montage en direct, et la dégustation peut commencer. Le veau est d'une tendreté absolue et très parfumé, le jus est d'une précision chirurgicale et les fleurs de courgettes, farcies de ricotta et d'épinards, sont gourmandes à souhaits. Un très beau plat, maîtrisé et généreux ! 46€. 

Noix de veau cuit en « Calzone » au foin Fleurs de courgettes farcies à la ricotta et épinards

La carte des desserts est signée Pierre Hermé, qui réinterpréte les classiques de la cuisine italienne et créé des entremets aux accents transalpins. Mes dernières expériences avec l'indéboulonable figure tutélaire de la pâtisserie française voire mondiale ne s'étant pas révélés très heureuses (déceptions avec la tarte infiniment citron et la galette des rois au riz au lait), autant dire que je l'attendais au tournant... Je choisi un dessert à l'intitulé ambitieux : chocolat et émotions gourmandes. Au programme, une fine coque de chocolat au lait craquant renfermant une glace aux noisettes du Piémont, une glace à la pistache Smeraldo, des noisettes torréfiées et une meringue croustillante aux noisettes, le tout recouvert sous nos yeux d'une sauce chaude au chocolat au lait qui donne le résultat visuel que vous pouvez constater... Si visuellement le chocolat chaud a fait des ravages dans l'assiette, Pierre Hermé en fait de sacrés dans notre palais. Des ravages de plaisir ! Quelles glaces... L'Italie explose en bouche, l'alliance avec le chocolat est des plus gourmandes. Comme il dit : "chocolat et émotions gourmandes" ! 22€. 

Chocolat et Émotions gourmandes

Du côté de mes convives, on apprécia beaucoup la panna cotta aux fruits rouge et son granité au chocolat blanc, ainsi que le baba à la pistache te au kirsch. 22€. 

Panna cotta aux fruits rouges

Baba à la pistache et au kirsch

Côté vin, c'est un Rosso Di Montalcino, un Siangovese de Toscane qui accompagna ce repas de son fruit frais et juteux soutenu par des tannins soyeux. Excellent. 150€. Abusément surfacturé 150€ toutefois. 

In fine, Il Carpaccio est avant tout un restaurant de très haut standing où il est très agréable de passer une soirée dans un écrin alliant raffinement et originalité. On y mange une cuisine italienne de saison, précise et généreuse. Un des meilleurs italiens de Paris ? Assurément. De quoi justifier de tels tarifs ? Seul palace oblige... 

La salle


Il Carpaccio
Au Royal Monceau
37 avenue Hoche, 75008 Paris
Métro Ternes (l.2) ou Charles De Gaulle-Etoile (l.1,2,6; RER A)
01 42 99 98 90

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