Will, Aligre en fusion

Pour ceux qui en douteraient encore, Aligre bénéficie d'un microclimat gastronomique rare, comme si chaque chef un peu talentueux qui s'y installe est touché par la grâce... C'est ce que prouve William Pradeleix, fraichement installé au 75 de la rue Crozatier, à quelques mètres du marché d'Aligre dans son petit restaurant à la déco 50's updatée comme il faut et soulignée par un magnifique lustre tout en légèreté. Après un accueil souriant et très courtois, on a le choix entre la formule déjeuner composée de deux mini-entrées à choisir parmi celles de la carte, et du plat du jour ou du plat du jour et d'un déssert au choix dans la carte, et la fameuse carte donc, très lisible avec 6 entrées (12€), 6 plats (24€) et 6 desserts (9€). Si la formule déjeuner parait très intéressante, comme le confirme le Gastronome Parisien, je n'ai pas longtemps résisté à l'alléchantes propositions fusionnantes de la carte. 

Will, la salle

En entrée, un tartare de boeuf au couteau surmonté d'une crème de truffe, coiffé de mangue verte et souligné par du gomasio, mélange de sésame grillé et de sel marin. Le mariage qui, sur le papier, peut légitimement paraître aventureux, est au contraire d'une évidence déconcertante en bouche avec le gras du boeuf, l'acidité de la mangue, le moelleux de la crème aux notes de truffe pas trop entêtantes et les notes torréfiés du gomasio. Un tartare globalisé tout en finesse et en subtilité. Remarquable !

Tartare de boeuf, mangue verte, crème de truffe, gomasio

En plat, de très belles tranches de thon rouge mi-cuit laquées avec un mélange de sauces soja, assaisonnées de sésame, et accompagnée d'un coeur de frisée. Le thon est gras, fondant, addictif, la sauce apporte la fraicheur parfaite tandis que la frisée joue sur les amères, contrebalancés par de petites chips d'encre de seiche qui viennent remplacer le sel dans l'assaisonnement de la salade. Encore une fois, un plat bien pensé et cohérent. 

Thon rouge mi cuit laqué, fenouil comme un risotto, coeur de frisée

Enfin presque car le risotto de fenouil est annoncé dans la composition même du plat, et si la cuisson est parfaite et le fenouil à la fois croquant et bien crémeux, l'association avec le plat de thon parait moins évidente, d'autant plus que les notes anisés du fenouil sont très discrètes. Mais il s'agit là d'un détail... décelable qu'au milieu de la perfection. 

Risotto de fenouil

Et la perfection continue avec un dessert que j'ai mis un temps fou à choisir en raison de propositions toutes aussi appétissantes les unes que les autres. J'ai choisi la carte de la douceur et de la fraicheur avec cette mousse/crème vaporeuse de coco et citron vert accompagnée de gourmands dés d'ananas rôtis et boostée par une très belle glace au gingembre. En plein dans le mille !

Nuage coco citron vert, glace gingembre, ananas

C'est avec un rare enthousiasme que se termine l'un des plus beaux repas de l'année à coup sûr, grâce à la cuisine fusion à la fois simple et aboutie de William Pradeleix. Encore une raison supplémentaire pour laisser trainer son palais du côté d'Aligre... 

Will
75 rue Crozatier
75012 Paris

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Galettes des rois 2019, verdict !

Millésimé 2018

L'Arpège, légumes en symphonie, dirigée par Alain Passard